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Ecoutons tout d’abord ce que nous dit Maurice Martenot (le créateur des ondes Martenot) : «C’est par le rythme, sous sa forme la plus directe, la plus rudimentaire, la plus instinctive, que doit commencer l’éducation musicale».

Participer à l’éveil musical des enfants, c’est réintroduire l’univers du rythme auprès d’eux. D’ailleurs, il suffit de les observer. Leur processus d’éveil les conduit naturellement, dès qu’ils sont en mesure de saisir des objets, à les entrechoquer de façon répétitive. Ils en testent spontanément la sonorité et produisent ainsi du rythme… Le rythme fait partie des jeux d’enfant…

Il nous semble important de considérer avant tout le rythme pour que l’enfant puisse aisément accéder au plaisir de faire de la musique.
Cela passe par un éveil musical actif centré sur ses instincts, et non sur notre savoir. Il est important de respecter sa nature, son développement physique, psychique et intellectuel car il ne s’agit pas d’enseigner mais d’éduquer. L’enfant doit être acteur de son propre apprentissage, qui devient ainsi une expérience.(lien site Carl Orff)

L’essentiel, pour lui est de faire de la musique, de la vivre et de vivre avec elle plus que d’acquérir des connaissances théoriques. Pour cela il lui faut un outil musical élémentaire, du mouvement et du rythme. N’oublions pas qu’ «avant d’être exclusivement mentale, la réception de la musique est d’abord corporelle». (F. DELALANDE)

Généralement, chez nous, les sons ont été transformés en image (notes, portées), et l’enfant doit apprendre à déchiffrer les partitions avant de pouvoir jouer.
En Occident, l’intelligence auditive est uniquement connaissance intellectuelle, c’est à dire, étiquetage des éléments sonores. Et dans l’enseignement musical, l’audition a certes une place de choix, mais sa pratique est souvent cognitive, mentale et théorique et insuffisamment affective, émotionnelle, psychomotrice et ludique. Or, «le savoir occidental tente, depuis 25 siècles, de voir le monde. Il n’a pas compris que le monde ne se regarde pas, il s’entend. Il ne se lit pas, il s’écoute.» (Jacques Attali -1977-BRUITS - paris, PUF).

En Afrique, l’apprentissage se déroule différemment : il apprend la musique par mimétisme et expérimentation. L’enfant écoute et observe les autres, puis cherche à reproduire les gestes et sons qu’il a vus et entendus. Il s’éveille à la pratique musicale de façon autonome.
Cet éveil musical actif lui permet s’il le désire d’explorer des rythmes, d’improviser et de créer. Cela stimule et nourrit son écoute, au bénéfice de son imaginaire et de son expression créatrice. C’est un processus favorable au développement de l’attention, de la concentration et de la mémoire. Le jeu des percussions est biomécanique, et fait appel au sens rythmo-musical et à la motricité.

Proposer un éveil musical actif à l’enfant occidental lui permet de retrouver ses rythmes originels et préserver ses dispositions innées. Nous favorisons ainsi son développement de l’écoute, fondamentale pour la compréhension, le dialogue et la communication.

Retrouvons et transmettons le rythme qui est omniprésent dans notre vie et notre environnement. Parents, grands-parents, frères et sœurs, enseignants, éducateurs, moniteurs, animateurs… Nous devons, nous-même, renouer avec le rythme pour ne pas laisser s’altérer «la conscience auditive, rythmique et sonore de l’enfant, qui le rend maître et non esclave du monde sonore et des médias envahissants.» (A. BUSTARRET).

Le rythme est un jeu d’enfant… recommandé aux adultes !

Sous-entendus

"notre civilisation a toujours voulu surveiller, compter, abstraire et castrer les sens, en oubliant que seule la vie est bruyante et que seule la mort est silencieuse : bruits du travail, bruits des hommes et bruits des bêtes. Bruits achetés, vendus ou interdits. Rien d'essentiel ne se passe où le bruit ne soit présent."
(Jacques Attali - BRUITS).

"il faut écouter pour faire et faire pour écouter"
(F.DELALANDE)
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